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Mme Tricart, professeur des collèges et des lycées, en Histoire-Géographie.

Vous trouverez sur ce site des informations complémentaires à ses cours.




17/06/2008 17:03
quelques définitions ! (0 commentaire)




17/06/2008 16:50
la malédiction des pharaons... (0 commentaire)

Sur les murs des tombes royales où reposent les pharaons de l’Egypte ancienne, les avertissements, inscrits en hiéroglyphes, sont clairs : malheurs aux "vivants qui viendraient violer les tombes…". Se pourrait-il donc qu’un pharaon mort depuis trente siècles revienne à la vie pour se venger de ceux qui oseraient troubler son sommeil éternel ? Les anciens Égyptiens le croyaient réellement.

Dans les années 1920, l’idée qu’un pharaon puisse déchaîner sa malédiction sur ceux qui pénétreraient sa dernière demeure, circule encore parmi les ouvriers arabes travaillant au service des égyptologues occidentaux.

En 1922, deux Anglais, passionnés par l’ancienne civilisation du peuple des pyramides, se rendent dans la vallée des rois où tous les souverains morts étaient traditionnellement enterrés. L’un d’eux est un riche aristocrate, Lord Carnavon. Il n’a pas hésité à dépenser une véritable fortune pour monter une expédition scientifique à la recherche de nouvelles découvertes. Son compagnon est un jeune égyptologue Howard Carter qui a déjà travaillé de longues années en Égypte sur les monuments laissés par la prestigieuse civilisation.

Howard Carter, arrivé dans la vallée des rois, se met donc au travail avec sous ses ordres quelques dizaines d’ouvriers égyptiens. Mais les mois passent et les fouilles ne donnent rien. La découverte d’un tombeau inconnu semble bien compromise. D’ailleurs Lord Carnavon, découragé par cet échec, finit par prendre le chemin du retour en Angleterre.

Mais, le 5 Novembre 1922, à l’aube, Carter, sur le point d’abandonner lui aussi, découvre en creusant une marche à moitié enfouie dans le sol qu’il dégage aussitôt. Et là, quelle n’est pas sa surprise de découvrir un escalier conduisant à une porte scellée. Quelques jours plus tard, après le travail acharné des ouvriers arabes, c’est en fait tout un vaste tombeau qui est mis à la lumière et Howard Carter fait ouvrir la lourde plaque de pierres qui en garde l’entrée. Il pénètre dans la sépulture le premier, uniquement guidé par une lampe à pétrole. Et ce qu’il voit le stupéfait….Des centaines d’objets précieux, en or, de la vaisselle fine, des statues, du mobilier fait dans du bois rare…Et au milieu de cela, un imposant sarcophage, dont le couvercle, ciselé avec talent, représente le visage d’un jeune pharaon.

Aussitôt, Carter rappelle Lord Carnavon qui se précipite en Égypte. Le vieil aristocrate anglais se rend dès son arrivée auprès de son collègue qui lui montre la prodigieuse découverte qu’il vient de faire. Les inscriptions retrouvées sur les murs de la tombe indiquent aux deux homme qu’ils ont sorti d’un silence de trente siècles la sépulture d’un jeune pharaon encore inconnu : Toutankhamon. Il s’agit d’un obscur souverain ayant régné sur l’Egypte dans les années 1330 avant Jésus-Christ, dernier représentant de la XVIIIème dynastie et mort à 20 ans, dans des conditions demeurées bien mystérieuses.

L’inventaire des objets découverts dans la tombe commence. Il y a tant de pièce à noter qu’il ne s’achèvera qu’en 1928.
Quelques temps plus tard, alors que l’expédition de Lord Carnavon finit d’explorer le tombeau royal, une série de faits mystérieux se produit.
Déjà, peu de jours avant la fabuleuse découverte, un mauvais présage n’avait pas manqué d’inquiéter les ouvriers du chantier. Howard Carter possédait un magnifique canari au chant mélodieux qui était devenu en quelque sorte la mascotte de l’équipe. Or, une nuit, un cobra, le serpent protecteur des pharaons, était entré dans la cage et avait dévoré le joli petit oiseau. Beaucoup y avait vu un signe de sombre augure.

Quelques mois plus tard, piqué par un moustique des marais, Lord Carnavon tombe très gravement malade et finit par décéder dans la nuit du 5 Avril 1923. Des journalistes, présents sur les lieux, racontent même, qu’au moment de sa mort, toutes les lumières du Caire s’éteignent de longues minutes, comme une immense panne d’électricité.
Peu après la fin du vieil aristocrate, d’autres membres de l’expédition succombent les uns après les autres : le docteur qui a examiné la momie de Toutankhamon ; le conservateur des antiquités égyptiennes du Louvre meurt en sortant de la tombe, d’une congestion ; puis c’est au tour d’un autre conservateur, celui du musée de New York, qui avait aidé Carter a défoncer la porte d’entrée de la sépulture. Au total une vingtaine de personnes décèdent subitement après avoir visité la dernière demeure de Toutankhamon.

Informée très tôt de ces disparitions pour le moins singulières, la presse publie plusieurs articles révélant une prétendue malédiction des pharaons, furieux d’avoir été tirés de leur repos séculaire. En Egypte, de telles rumeurs trouvent auprès des employés des chantiers un large écho. Bientôt, Toutankhamon, cet obscur souverain de la XVIIIeme dynastie, ignoré de l’histoire, connait son heure de gloire avec son tombeau et les effets foudroyants de son implacable colère….

***Qu’en est-il réellement, si l’on repense à tout cela avec un peu plus de sérénité ?

La malédiction n’a jamais existé que dans l’imagination de quelques journalistes à la recherche de sensationnel pour vendre un livre ou un article. Plutôt que de malédiction, il est plus raisonnable de considérer les faits survenus comme une malheureuse suite de coïncidences.

D’une part, il est bien étonnant que Howard Carter, le premier à pénétrer dans la tombe royale n’ait pas été lui aussi frappé par la vengeance de Toutankhamon. Le célèbre égyptologue est mort bien des années plus tard, paisiblement, en Angleterre.
D’autre part Lord Carnavon, au moment de son décès, était déjà un vieillard usé par les voyages et le travail, de santé très médiocre. Il n’a donc pu lutter contre la maladie, sans doute une fièvre, que lui a transmise le moustique. Un homme de meilleure constitution aurait sans doute résisté et survécu.
Enfin, il ne faut pas davantage oublier que les fouilles archéologiques, dans les années 1920, s’effectuaient dans des conditions d’hygiène douteuses et que l’on pouvait facilement contracter n’importe quel bactérie ou microbe, sans que, pour autant, un pharaon furieux soit à l’origine du mal.

Dans les années 1980, l’un des équipier de Howard Carter a même fini par révéler que sur les murs du tombeau, aucune inscription annonçant une malédiction n’avait été découverte. Carter et Lord Carnavon avaient simplement fait circuler une fausse rumeur de malédiction pour éviter qu’un ouvrier malhonnête vienne piller quelques objets trouvés dans le tombeau. Et de fait, pendant longtemps, personne n’a jamais osé pénétrer dans la sépulture pour dérober quoi que ce soit.

Des scientifiques ont envisagé un moment que les membres de l’expédition de Carter auraient pu mourir d’un microbe présent dans la tombe depuis des milliers d’années et libéré au moment de l’ouverture de la porte. Toutes les analyses réalisées dans la sépulture n’ont rien donné et ceux qui pensent que les anciens Égyptiens avaient empoisonné l’air du tombeau pour punir d’éventuels pillards en sont pour leurs frais. Dans la dernière demeure de Toutankhamon, il n’y a aucun piège maléfique à découvrir…

Nous voilà donc rassurés….La malédiction du jeune pharaon n’est le produit que d’esprits imaginatifs. Nous pouvons alors visiter son tombeau en toute sérénité, comme des milliers de personnes l’ont fait avant nous, Toutankhamon ne nous en voudra certainement pas…





17/06/2008 15:22
La liberté guidant le peuple, un tableau de Delacroix (0 commentaire)

I. QUELQUES INFORMATIONS SUR CE TABLEAU ET SON AUTEUR.

C’est en 1830 qu’Eugène Delacroix réalise ce tableau aux dimensions très particulières. (2,60 mètres de hauteur, 3,25 mètres de longueur.). Cette œuvre magistrale est de nos jours visible dans l’une des nombreuses galeries du palais du Louvre.

Delacroix est né en 1798. Il serait (Rien n’a jamais été clairement prouvé) le fils naturel de Talleyrand, un homme politique de premier plan du XIX° siècle. Il accomplit ses études au lycée Louis-Le-Grand, l’un des établissements scolaires les plus prestigieux de Paris. Il est de bonne heure attiré par la peinture. Il réalise au cours de sa vie de très nombreux chefs- d’œuvres que le Louvre expose depuis fort longtemps maintenant. Certaines des compositions de l’artiste ont parfois profondément choqué la société de l’époque par leurs mises en scène osées. Mais, de nos jours, chacun s’accorde pour reconnaître l’immense talent de l’homme. Delacroix est mort en 1863 dans son atelier parisien, usé par le travail.

II. LE SUJET DU TABLEAU.

Delacroix réalise ce tableau au cours d’une période profondément troublée par les incertitudes politiques du pays.

         En 1830, Charles X, le frère du malheureux Louis XVI, sent son pouvoir lui échapper. Le souverain, par sa volonté de rétablir au plus vite la Monarchie Absolue telle qu’elle existait à la veille de la Révolution, fait preuve d’une coupable maladresse. Le peuple parisien, attaché au souvenir de 1789, s’agite et, quand, en Juillet 1830, les autorités suspendent les grandes libertés contenues dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la révolte se déchaîne. A l’issue de trois journées d’insurrection dans les rues de la capitale, durant lesquelles le sang coule sur les pavés, le roi s’enfuit à l’étranger. (27, 28 et 29 Juillet 1830).

Delacroix est un peintre engagé, c’est-à-dire qu’il a des convictions politiques bien affirmées. Comme la plupart de ses compatriotes, il garde en mémoire le souvenir glorieux de la Révolution Française et défend les idées nouvelles que celle-ci a apportées au pays.

Soucieux d’exprimer tout le soutien qu’il peut porter aux insurgés de 1830, il choisit de mettre son art au service de leur cause. Il représente donc à travers cette toile un épisode des combats qui opposent les Parisiens aux troupes royales.

III. CE QU’IL FAUT SAVOIR REPERER DANS LE TABLEAU.

L’œuvre n’a pas seulement une fonction esthétique. A travers elle, Delacroix veut aussi faire passer un message, ses choix politiques. Il aurait pu choisir pour cela d’utiliser la plume. Il préfère se servir de ses pinceaux qu’il manie avec bien plus de talent. Les personnages que l’on découvre sur le tableau n’ont pas été peints par hasard. Ils sont là pour une raison bien précise. Chacun est à lui seul le symbole d’une idée, d’un comportement, d’une manière d’envisager la société de l’époque.

-LA FEMME BRANDISSANT LE DRAPEAU TRICOLORE.

C’est le personnage le plus important de la composition. Il est au centre de la scène, légèrement surélevé par rapport aux autres figures, largement éclairé d’une étrange lumière. Cette femme, comme le suggère la tenue vestimentaire très simple qu’elle porte, vient sans doute des milieux les plus modestes de la capitale. (Artisans, ouvriers). Elle est en fait le produit de l’imagination de Delacroix. Sous les traits de cette Parisienne, un peu vulgaire, c’est la Liberté qu’il faut reconnaître. Comment représenter en peinture une notion aussi abstraite si ce n’est sous l’apparence d’un corps féminin ? Le petit bonnet rouge qui recouvre la chevelure du personnage, pareil à celui dont se coiffaient les esclaves de l’Antiquité une fois affranchis, indique qu’en soutenant cette singulière insurgée qui brandit le drapeau, le peuple ne suit rien d’autre que la Liberté pour laquelle il se bat.

-LE JEUNE GARCON ARME.

Auprès de la Liberté, un enfant d’une dizaine d’années porte deux pistolets. L’artiste n’a rien laissé au hasard : la présence de ce petit garçon qui rappelle beaucoup le Gavroche de Victor Hugo dans les Misérables est également symbolique. Delacroix met l’accent sur l’idée que l’insurrection de 1830 rassemble les Parisiens au-delà des générations. Pendant les combats sur les barricades, les plus jeunes sont employés à des tâches souvent périlleuses : bravant la fusillade, beaucoup récupèrent sur les morts ou les blessés armes et munitions qui permettent de poursuivre la lutte.

D’autre part, l’enfant du tableau est également le symbole de Paris. Dans les rues de la capitale, ils sont des milliers comme lui, souvent sans famille, vivant d’un petit métier ou de vols. Au XIX° siècle, la population parisienne est beaucoup plus jeune qu’elle ne l’est actuellement.

-L’ ETUDIANT ARME D’UN FUSIL.

Derrière la Liberté, un homme coiffé d’un haut chapeau et habillé de manière plus élégante que ses compagnons, tient dans ses mains un fusil. Il peut faire songer à un bourgeois mais Delacroix a voulu représenter sous ses traits le monde étudiant. Paris est à l’époque une ville où l’on vient s’instruire. Des milliers d’adolescents fréquentent les bancs de l’Université ou des écoles les plus prestigieuses. Beaucoup d’entre eux sont hostiles au régime réactionnaire de Charles X et nourrissent l’espoir d’un retour rapide de la République. Ils sont donc des centaines à défendre les barricades. En peignant ce personnage un peu singulier, l’auteur rappelle la participation active du monde étudiant aux affrontements.

-L’ OUVRIER AU SABRE.

Derrière l’étudiant, un ouvrier que l’on reconnaît à sa tenue très modeste brandit un sabre. La réalisation de ce personnage suggère que le monde artisanal et industriel participe aussi à la révolte. Delacroix souligne par ce procédé que Paris est en 1830 une ville en pleine croissance économique. Les quartiers populaires du Nord de la capitale attirent de plus en plus d’hommes et de femmes venus des campagnes cherchant à s’employer dans les usines.

-LE PAYSAN BLESSE.

Les combats se déroulent essentiellement dans un cadre urbain. Les évènements parisiens trouvent finalement assez peu d’échos dans les campagnes. Mais l’artiste intègre le monde rural à cette aspiration nouvelle de liberté. Il représente donc un paysan que l’on reconnaît au foulard qu’il a noué autour de sa tête (pour se protéger du soleil quand vient le temps des récoltes). Mais l’homme, à terre, est blessé. Il contemple la Liberté avec admiration comme le montre son attitude.

La structure générale du tableau, la position des protagonistes de la scène les uns par rapports aux autres ne sont pas le fruit du hasard.

          Imaginons un instant que l’on trace à travers la toile une ligne horizontale frôlant le pied gauche de la Liberté. On remarque alors que les personnages situés en dessous de cette ligne ont tous succombé. (Un soldat de l’armée royale, un insurgé dévêtu…). Le teint blafard des visages, les membres décharnés évoquent le thème de la mort. En revanche au dessus de cette ligne de partage, se trouve le monde des vivants : des hommes debout qui poursuivent la lutte, en mouvement.

L’attitude du paysan blessé est particulière. La partie supérieure de son corps appartient encore au monde des vivants. Mais, ses jambes, elles, ont déjà disparu dans la partie inférieure du tableau. Il semble happé inexorablement par la mort et s’apprête à rejoindre ceux qui ont perdu la vie.

Deux autres symboles ne peuvent passer inaperçus sur cette toile.

-En arrière-plan, dissimulée par les fumées de la fusillade, Notre- Dame- De- Paris souligne que la révolution de 1830 a pour cadre les rues pavées de la capitale.

- Le drapeau tricolore que brandit la Liberté symbolise tous les acquis de la Révolution de 1789 et l’espérance du peuple parisien qui se rassemble derrière les trois couleurs traditionnelles du pays.

A travers ce tableau (qui lors de sa première exposition a fait scandale parce que la société de l’époque a mal accepté que la Liberté puisse être symbolisée par une femme à l’allure plutôt vulgaire, dont la robe ne dissimule pas la poitrine), Delacroix a voulu mettre en scène l’union des Français, quelles que soient leurs origines sociales, derrière les grands principes de 1789 et l’aspiration générale à la Liberté qui est la leur. L’artiste veut éveiller chez ceux qui contemplent son oeuvre le patriotisme qui a largement animé la révolution de Juillet 1830.





17/06/2008 15:16
Se préparer à un DS sur la géopolitique du monde actuel (0 commentaire)

 I. CE QU’IL FAUT RETENIR DE CE CHAPITRE.

 La géopolitique est une science relativement récente, apparue en Allemagne à la fin du XIX° siècle. Elle s’intéresse à la géographie des conflits dans le monde et donne les éléments d’explication essentiels à la compréhension des relations difficiles qu’entretiennent parfois entre eux les états d’une même région.

Exemple : Une chaîne montagneuse, un lac, un morceau de côte, une plaine agricole, un gisement pétrolier ou minéral produisent parfois de graves tensions internationales impliquant plusieurs pays. Les querelles anciennes de l’Inde et du Pakistan pour le contrôle des richesses du Cachemire ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres. Dans un monde traversé de profondes rivalités, les spécialistes réfléchissent aux questions les plus actuelles de la géopolitique moderne.

             La disparition de l’URSS en 1991 et la fin de la Guerre Froide ont éloigné le spectre d’un conflit nucléaire de dimension mondiale. Les Etats-Unis, demeurés seule superpuissance de la planète, restent sans rivaux capables de contester leur hégémonie. Est-il, dans ces conditions, légitime d’imaginer un avenir soulagé de tout conflit ? Moins que jamais.

           ***  Les mouvements de la décolonisation, l’éclatement de l’empire soviétique et de la fédération yougoslave ont multiplié en quelques années les états (Plus de 190 aujourd’hui). Des frontières parfois artificielles sont apparues sur les cartes : souvent, les tracés réalisés ont fait bon marché des réalités ethniques, culturelles ou religieuses de régions entières. Du jour au lendemain, des minorités ont dû accepter une coexistence difficile avec d’autres populations sur un même territoire. Les tensions s’accumulent et provoquent maintenant aux quatre coins de la planète des guerres très localisées mais néanmoins meurtrières.

Nul continent n’est véritablement épargné : si l’Afrique et l’Asie doivent gérer les crises qui mettent en péril quelques équilibres régionaux, l’Europe n’a pas davantage su régler par la concertation les vieilles rancœurs des états balkaniques nés sur les ruines yougoslaves.

Dans l’ex-URSS, le constat est le même : les petites républiques d’Asie centrale sont à la recherche de stabilité. L’intervention actuelle de la Russie en Tchétchénie indique que la guerre est toujours installée aux portes de l’Occident.

         ***A travers le monde, des pays se heurtent pour la maîtrise d’un territoire revendiqué, l’exploitation de ressources naturelles (Pétrole, eau…) ou la rectification d’une frontière contestée.

Les exemples sont multiples :

-la guerre Iran- Irak pour le contrôle du Golfe Persique,

-les rivalités sanglantes du Zaïre et de ses voisins à propos des ressources énergétiques dans la région des Grands Lacs. 

-En Asie, l’impossible dialogue des deux Corées,

-les exigences de la Chine communiste sur la question taïwanaise

-les inquiétudes que produit la détermination de l’Inde et du Pakistan au sujet du Cachemire rappellent que les ruptures de la Guerre Froide ou de la décolonisation n’ont toujours pas trouvé de solutions diplomatiques satisfaisantes.

  
         ***De l’autre côté de l’Atlantique, en Amérique centrale, les difficultés intérieures de la Colombie (Le gouvernement gère avec plus ou moins de bonheur la dissidence des FARC, une puissante organisation marxiste réfugiée dans les forêts du pays) s’ajoutent au souvenir du conflit des Malouines (En 1982, la Grande Bretagne et l’Argentine se livrent une courte guerre pour le contrôle de cet archipel isolé dans le Pacifique). Quarante après la Crise de Cuba, La Havane et Washington n’ont toujours pas surmonté leurs querelles idéologiques.

L’étude de la géopolitique actuelle offre aussi l’occasion d’aborder en classe une notion fondamentale de la géographie moderne : la frontière.
-->Un dictionnaire ordinaire explique que la frontière est un tracé abstrait, imaginé par l’homme pour indiquer les limites séparant deux espaces particuliers. Parfois cette limite s’inscrit dans le paysage de manière très concrète : un mur, une clôture, un fleuve, une crête, un col, une simple borne.

-->La leçon permet aux élèves d’appréhender les réalités très variées que traduit cette notion.

         ***En Occident, les étapes successives de la construction européenne ont tendance à effacer les frontières : les accords passés entre partenaires de la C.E. autorisent la libre circulation des populations et des richesses d’un pays à un autre. L’organisation de nouveaux réseaux de communication par lesquels transitent capitaux, informations et marchandises dynamise des régions transfrontalières jusque là délaissées.

        ***En France, assurément, les pouvoirs publics n’envisagent plus les Pyrénées, les Alpes ou le Rhin comme les marges du territoire national. Il y a seulement un siècle, une succession de fortifications, de casernes, de postes militaires parcourait l’Alsace, la Lorraine ou les Ardennes et garantissait le sol national d’une invasion allemande. Aujourd’hui, la coopération économique engagée par les ennemis de la veille donne à Strasbourg une vocation internationale. La cité est en ce début de siècle le symbole de l’ouverture française sur l’extérieur : chaque jour des milliers de personnes traversent le pont qui enjambe le Rhin et passent sans même le remarquer en Allemagne.

Au Sud, les vallées pyrénéennes ou alpines ne sont plus les confins éloignés du pays. Les autorités politiques poursuivent l’aménagement des espaces transfrontaliers. La réalisation de tunnels, d’autoroutes font des régions montagneuses un point de passage obligé en direction de l’Italie ou de la péninsule ibérique.

      ***Toutefois, ailleurs dans le monde, l’Inde, le Pakistan, les deux Corées, les Etats-Unis ou le Mexique offrent une vision autre de la frontière. Ici, les limites du territoire national sont vécues comme des zones de tensions extrêmes. Postes militaires, clôtures électrifiées, miradors surveillent et contrôlent les flux d’hommes ou de marchandises venant de l’extérieur.

Si en Corée la dimension idéologique de cette situation n’échappe pas à l’analyse des spécialistes de la géopolitique, au Texas, il s’agit bien davantage d’empêcher l’entrée sur le sol américain de populations clandestines à la recherche d’un avenir meilleur. En Inde et au Pakistan, la militarisation de la frontière traduit dans le paysage les difficultés du dialogue entre les deux pays. 

***Les leçons consacrées à ce chapitre soulèvent un paradoxe dont les élèves doivent prendre la mesure.

Tandis que les régions d’instabilité politique se crispent sur leurs frontières, l’installation de nouveaux réseaux de communications affranchit les espaces de leurs limites traditionnelles. L’exemple d’Internet est à ce point révélateur de ce phénomène récent. Chaque jour, un volume croissant d’informations parcourt les autoroutes du Net, par delà les continents, les océans et les ruptures territoriales. D’autres part, l’influence constante d’organisations internationales (La Croix Rouge, Médecins Sans Frontière….), les regroupements d’Etats au sein d’associations économiques ou politiques (ONU, CE, ALENA…) transcendent les frontières et tendent à uniformiser l’espace- monde. Engagé depuis plusieurs années, cette tendance devrait se renforcer au cours du siècle à venir.

 

L’étude de la géopolitique moderne aborde enfin le concept d’Etat-Nations et d’Etat- Multiethnique. Ce point du chapitre est essentiel parce qu’il fournit les clés d’analyse permettant de saisir les causes profondes de nombreux conflits dans le monde.

 

Si un Français, un Italien, un Espagnol, un Allemand ou un Britannique (Des cas parmi tant d’autres), éprouve le sentiment de former avec ses compatriotes une communauté partageant des valeurs culturelles identiques, un même passé, une même histoire et un même territoire, d’autres pays réunissent sur leur sol des peuples qui n’ont pas toujours le désir de vivre ensemble. Ce sont les Etats- multiethniques, que de puissants mouvements séparatistes fragilisent. En Asie, en Afrique, en Europe à certains égards, des peuples luttent pour le droit de former sur un espace revendiqué une nation indépendante. 

 
 II. POUR TESTER SES CONNAISSANCES.

1°) Je peux définir les mots suivants :

Géopolitique, frontières, Etat- nation, Etat- multiethnique, région transfrontalière.

 

2°) Je peux répondre aux questions suivantes :

- Pourquoi les frontières sont- elles un enjeu essentiel du monde actuel ?

- Pourquoi dit-on que les frontières ont tendance à s’effacer dans certaines régions du monde ?

- Quels problèmes rencontrent les Etats- multiethniques ?

- Quelles sont les régions les plus instables du monde ? Pourquoi ?

 

III. Quelques exemples de sujets.

Au cours d’un contrôle sur le chapitre, l’élève peut réaliser un paragraphe argumenté sur les sujets suivants :

 

- Les frontières dans le monde : multiplication ou disparition ?

- Les conflits du monde actuel : causes, déroulement et conséquences.

- La disparition des frontières à travers le monde.

- Etats- nations et Etats- multiethniques. 

- L’organisation du monde au lendemain de la Guerre Froide.

- La géopolitique du monde actuel.

 

Une série de documents soumis à la réflexion de l’élève peut faire l’objet de quelques questions :

- Des cartes présentant la localisation des principaux conflits de la planète.

- Des articles de presse décrivant une situation conflictuelle dans une région du monde.





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